Septet Bouclier © Geneviève Rebeyrol
Septet Bouclier © Geneviève Rebeyrol
Chronique

L’accordéon sous un autre jour au festival Jeunes Talents

par Julien Bordas | le 25 juillet 2017

Le 17ème Festival Européen Jeunes Talents s’est tenu à l’Hôtel de Soubise, au sein des Archives Nationales, du 2 au 22 juillet. Nous avons choisi d’assister à un concert original, « L’accordéon transfiguré », autour de l’accordéoniste virtuose Dimitri Bouclier, créateur du Septet Bouclier avec son frère Julien, et lauréat du Trophée Mondial de la discipline à l’instar de Richard Galliano. Un quintette à  cordes et un piano complétaient cette formation originale.

Donner une chance et un espace d’expression aux jeunes musiciens, futurs talents de la musique classique, tel est l’esprit de ce festival présidé par le compositeur Philippe Hersant et parrainé par le chef d’orchestre et producteur Frédéric Lodéon. Cette année, la mezzo-soprano Karine Deshayes, conviée à chanter aux côtés de jeunes musiciens lors d’un «  Concert de maître »  et Thierry Escaich, compositeur invité, venaient prêter leur renommée à l’évènement. Par ailleurs, des musiciens confirmés – ayant fait leurs gammes quelques années auparavant dans ce même festival (Adam Laloum, Christian-Pierre La Marca, Le Quatuor Ellipsos…) – sont revenus jouer en compagnie d’artistes prometteurs.

Loin des concerts habituels, le récital de ce soir nous promet une découverte de l’accordéon sous un autre jour, bien loin des clichés « bal musette » et variété qui lui sont souvent associés.
Avec une météo au beau fixe, le programme se joue en plein-air, à l’ombre des murs de la Cour de Guise et sous l’œil insolite de quelques mouettes mélomanes !

Septet Bouclier © Geneviève Rebeyrol

Septet Bouclier © Geneviève Rebeyrol

En ouverture du concert, les Quatre saisons de Buenos Aires d’Astor Piazzolla (Las Cuatro Estaciones Porteñas), inspirées du jazz et du tango, nous transportent d’emblée dans le tourbillon d’une musique pleine de contraste (tension et détente se succèdent) et à la fois emplie de douceur (on pense au mélancolique Hiver). Du même compositeur, les incontournables Meditango et Michelangelo 70 figuraient aussi au programme.

L’énergique premier mouvement de l’Opale Concerto, œuvre d’un disciple de Piazolla, Richard Galliano, laisse transparaître une écriture contemporaine surprenante. Le septet réussit à nous emporter avec lui au gré d’une partition jubilatoire. Tandis que le deuxième mouvement, un brin mélancolique, est un clin d’œil nostalgique au vieux Paris bercé par l’accordéon.

La pièce la plus récente, Impasse, de Franck Angélis, sonne comme un hommage au neveu du compositeur mort dans un accident de la route. Dans le premier mouvement Allegro ritmico l’adaptation en forme de concerto pour accordéon et orchestre à cordes est bluffante, et l’impression de profusion instrumentale, prégnante. Sommes-nous encore face à un septet ou a-t-on affaire à un orchestre symphonique ? L’Andante doloroso qui suit est poignant avec ses notes martelées instaurant une tension dramatique. Au fil des mouvements et jusqu’au final, l’accordéoniste, soutenu par les autres musiciens, nous tient en haleine.

Pour finir, le Rondo capriccioso de Vladislav Zolotarev, trancrit pour le septet, sonne comme un bouquet final où le piano, en double de l’accordéon, donne une profondeur singulière à ce dernier. Résolument, l’instrument trouve sa place dans une musique concertante et classique, et ce ne sont pas les adaptations réalisées par Julien Bouclier qui nous laisseront penser le contraire. Ce soir, ce répertoire a été brillamment défendu par sept musiciens de talent !




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