Alice Duport-Percier ©Baptiste Vignasse
Alice Duport-Percier ©Baptiste Vignasse
Interview

Rencontre avec Alice Duport-Percier, jeune soprano baroque prometteuse

par Charles-Marie Hulot | le 24 janvier 2019

A l’occasion de ses débuts parisiens le 26 janvier au Lycée Louis-le-Grand, Alice Duport-Percier, jeune soprano lyonnaise, mettra en avant une oeuvre peu jouée aujourd’hui : le Miserere de Joseph Michel. Nous sommes allés à sa rencontre afin d’en savoir davantage sur son parcours et sur les projets musicaux qui lui sont chers.

 

Pouvez-vous nous raconter succinctement votre parcours musical ?

Je suis née dans une famille de musiciens et j’ai découvert le chant dès mon plus jeune âge puisque mon père est chef de choeur. Je suis venue à Lyon pour mes études au lycée car j’avais réussi à entrer à la maîtrise de l’Opéra. Par la suite, j’ai suivi des cours à la faculté de Lyon et au Conservatoire à rayonnement régional où j’ai rencontré ma professeur et mentor Claire Marbot. Cette enseignante m’a alors conseillé de me tourner vers la musique ancienne car elle appréciait mon timbre de voix dans ce répertoire. A cette époque, j’ai le souvenir d’avoir travaillé pas mal d’airs de cantates de Johann-Sebastian Bach dont certains provenaient de la cantate dite « du mariage ».

La suite de mon parcours musical comprend des concours puisque je me suis présentée au Centre de Musique Baroque de Versailles, à la Haute Ecole de Musique de Genève et au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon. J’avais été admise dans les trois institutions ce qui m’a permis de choisir le CNSMDL où j’ai terminé mes études musicales.

 

Qu’est ce qui vous a attiré dans le chant baroque ?

Tout d’abord, je trouve le chant baroque intéressant car l’interprète doit toujours s’adapter au répertoire qui lui est présenté. Dans la musique vocale de Bach par exemple, je dois avoir souvent une voix volatile et malléable car il faut transmettre une histoire au public.

Ensuite, dans le chant baroque et dans la musique ancienne, l’interprète doit accorder une grande place au texte. Ainsi, quand j’étais au Conservatoire, j’ai beaucoup étudié les périodes médiévale et Moyen-Age. Le chant baroque est donc, à mon sens, complémentaire à la musicologie que j’ai étudiée en licence.

Enfin, grâce au chant baroque, j’ai pu travailler avec d’autres musicien(ne)s et ainsi privilégier la musique de chambre. C’est ainsi que je suis membre d’au moins deux ensembles : l’ensemble Libera me et l’ensemble Les Kapsber’s girls.

 

L’ensemble avec lequel vous vous produirez au Lycée Louis le Grand se nomme Ensemble Libera me : comment est-il né ?

Au Conservatoire, j’ai eu l’occasion de faire de la musique de chambre. C’est ainsi que j’ai rencontré mes partenaires de l’ensemble Libera Me dont la directrice artistique est la flûtiste Isaure Lavergne.

 

Quel est la spécificité de cet ensemble, de son répertoire et de ses premières réalisations ?

L’ensemble est composé d’Isaure Lavergne à la flûte baroque, de Matthieu Jolivet au clavecin et de moi-même au chant baroque. Lors des débuts de l’ensemble, Maximin Catineau (viole et clavecin) était également membre. Toutefois, il a choisi de quitter l’ensemble afin de se consacrer à la pédagogie musicale.

Notre répertoire est composé de pièces essentiellement issues du baroque français. A ce propos, nous aimons plus particulièrement interpréter le Miserere de Joseph Michel (1688-1736). Cette composition sera d’ailleurs au centre de notre programme prévu à Paris le 26 janvier. Le public y entendra également des œuvres de Georg Philipp Telemann (Harmonischer Gottes-Dienst, Cantates d’église, extraits, TW 1 123), de Joseph Bodin de Boismortier (Sonate pour violon, violoncelle et basse continue en ré majeur n°6, op. 50).

Extrait du Miserere de Joseph Michel

Le concert que nous allons donner à Paris au Lycée Louis le Grand est le premier événement parisien pour notre jeune ensemble. Jusqu’à présent, nous nous sommes produits lors de récitals de master au CNSMDL et dans des concerts en région. En plus de notre répertoire baroque, nous participons à des créations de spectacles et donnons parfois des improvisations au cours de nos concerts.

 

Vous avez la chance d’être soutenue par l’Association Jeunes Talents : pouvez-vous nous en dire davantage ?

Effectivement. Il y a un partenariat entre cette association et le CNSMDL ce qui nous a permis d’obtenir ce concert parisien. Cette expérience est enrichissante car nous pouvons nous faire connaître auprès du public. Nous en profitons également pour défendre de nouvelles œuvres musicales.

 

Vous êtes également membre d’une autre jeune formation baroque, Les Kapsber’s girls, avec laquelle vous avez enregistré un cd qui paraîtra cette année : pouvez-vous nous parler de cette aventure ?

Tout à fait. Je suis membre de l’ensemble les Kapsber’s girls (voir notre chronique au Festival Toulouse-les-Orgues) que nous avons fondé avec des collègues et amies du CNSMDL. Actuellement, l’ensemble est composé des musiciennes suivantes : Axelle Verner (mezzo), Barbara Hünninger (viole de gambe, basse de violon), d’Albane Imbs (cordes pincées et direction) et de moi-même (soprano).

Le nom de cet ensemble rend hommage à Johann-Hieronymus Kapsberger (1580-1651) qui était, de son temps, un compositeur et interprète virtuose du luth et de la chitarrone. Récemment, nous avons enregistré un disque qui paraîtra sans doute début 2020 chez le label MUSO.

 

Quel sera le répertoire de ce premier album ?

Pour ce premier enregistrement, nous avons souhaité mettre en valeur les villanelles de Kapsberger. Celles-ci sont écrites pour deux voix de dessus et basse continue et correspondent parfaitement à notre ensemble baroque.

De plus, nous avons constaté, en réalisant ce disque, qu’il y a aujourd’hui très peu d’enregistrements historiquement informés de cette musique. Ceci nous a particulièrement motivé pour ce projet.

Enfin, nous avons reçu le soutien du luthiste Rolf Lislevand pour ce projet et à qui nous sommes très reconnaissantes. En effet, il possède son propre studio d’enregistrement. Les personnes qui nous ont accompagnés durant cette aventure sont des habituées de la prise de son baroque et cela nous a mises en confiance.

 

Quels seront vos futurs projets musicaux ?

En février prochain, je ferai mes débuts à l’opéra en interprétant à Karlsruhe en Allemagne le rôle d’Oberto dans Alcina de Georg-Friedrich Haendel. Je compte également faire de la musique en duo avec mon partenaire théorbiste du duo Darshan. Lors de nos prestations, nous interprétons aussi bien des pièces baroques que des chansons françaises ou bien même du jazz. Ces projets me laissent de belles opportunités de carrière.

 

Ensemble Libera Me site officiel : http://ensembleliberame.com/

Ensemble Libera me : Motets pour l’Assomption

https://www.youtube.com/watch?v=z4rT9Y3VQgo

Ensemble Kapsber’s girls Site officiel : https://www.leskapsbergirls.com/l-ensemble/

Ensemble Kapsber’s girls : https://www.youtube.com/watch?v=b-NvibCxmrI

Site officiel d’Alice Duport-Percier : https://www.aliceduportpercier.com/

Concert avec l’association Jeune Talents : https://www.jeunes-talents.org/saison/concert/1122/un_quatuor_ea_paris

 

 




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