Kevin Griffiths dirige des symphonies de Johann Evangelist Brandl
Kevin Griffiths dirige des symphonies de Johann Evangelist Brandl © DR
Sorties autorisées

Kevin Griffiths met en lumière les symphonies de Johann Evangelist Brandl

par Flore Védry-Roussev | le 18 mai 2020

Dans notre nouvelle rubrique « Sorties autorisées », créée à l’occasion du déconfinement, nous parcourons les sorties discographiques à la recherche de projets originaux et/ou d’artistes peu connus qui ont attiré notre attention. Pour débuter, nous nous sommes intéressés à l’enregistrement de symphonies de Johann Evangelist Brandl dirigées par Kevin Griffiths. L’occasion parfaite de découvrir ce compositeur.

 

Autant Brandl est méconnu, autant il est peu étonnant de le trouver édité chez CPO. Ce disque sera peut-être l’occasion pour de nombreux mélomanes de découvrir un label tout à fait intéressant, Classic Produktion Osnabrück, CPO, maison de disque fondée en 1986 maintenant située en Basse-Saxe. CPO publie environ 80 nouveaux disques par an, dans une grande diversité de répertoire et nombre de leurs parutions défendent des compositeurs peu connus ou qualifiés de petits maîtres.

Brandl est de ceux-là. Ce violoniste et compositeur contemporain de Mozart, complètement tombé dans l’oubli, a produit une œuvre inclassable. Né en 1770, Johann Evangelist Brandl vit jusqu’en 1837 faisant une carrière de Kapellmeister à la cour de Karlsruhe. Oratorios, opéras, symphonies, concertos, quatuors ou encore lieder, son œuvre foisonne de fantaisie et de créativité et couvre presque tous les genres, sauf, étonnamment, le clavier, pour lequel il n’écrira presque pas.

 Cet enregistrement de la Deutsche Staatsphilharmonie Rheinland-Pfalz dirigé par Kevin Griffiths présente deux symphonies du tout début du XIXe siècle, une de 1800, l’autre de 1803.

La Deutsche Staatsphilharmonie Rheinland-Pfalz dirigée par Kevin Griffiths dans des œuvres de Johann Evangelist Brandl

Cet enregistrement de la Deutsche Staatsphilharmonie Rheinland-Pfalz dirigée par Kevin Griffiths présente deux symphonies et une ouverture du tout début du XIXe siècle.

La Symphonie Concertante, de 1800, avec les solistes David Castro-Balbi au violon et son frère Alexandre Castro-Balbi au violoncelle, est bien dans l’esprit classique. Certains passages respirent l’influence de Haydn, mais l’écriture de Brandl est tout à fait atypique. Il emploie des tournures de style plutôt françaises, joue des effets de surprise et multiplie les traits virtuoses. Les frères Castro-Balbi rendent cette musique formidablement vivante et on apprécie le sens du tempo et de la nuance du chef Kevin Griffiths, dont la profonde maîtrise de la musique de cette période est évidente.

L’Ouverture « Nanthild, das Mädchen von Valbella » créée en 1813, est bien de son temps et oscille entre classicisme et préromantisme. Quant à la Symphonie en ré majeur de 1792, les interprètes, tant les solistes que le très bon ensemble de la Deutsche Staatsphilharmonie Rheinland-Pfalz sous la baguette de Griffiths, expriment parfaitement l’énergie de cette partition. Somme toute, ce disque est un excellent matériau pour découvrir Brandl, compositeur méconnu, et dont les interprètes ont su rendre l’éclat.

David et Alexandre Castro-Balbi © Alexandre Stehend

David et Alexandre Castro-Balbi © Alexandre Stehend

La parole à l’interprète : David Castro-Balbi (violon)

« C’est le chef Kevin Griffiths qui a redécouvert cette partition et l’a partagée avec nous pour ce projet. On était partant sans même connaître Brandl : un contemporain de Mozart, de l’école de Mannheim, avec Kevin Griffiths à la direction, on était en confiance. Mon frère et moi étions en tournée aux Etats-Unis quand Kevin nous a envoyé la partition… et là surprise, c’était injouable… à notre retour, on a retravaillé, vu Kevin, et puis avec l’orchestre ça a pris tout son sens.

Techniquement c’est beaucoup plus ardu que des concertos de Haydn ou Mozart, avec des traits, des notes aigües terriblement difficiles à rendre […]

En fait, c’est extrêmement virtuose pour l’époque. Techniquement c’est beaucoup plus ardu que des concertos de Haydn ou Mozart, avec des traits, des notes aigües terriblement difficiles à rendre, surtout à l’époque avec des cordes en boyaux. Je pense que c’est la raison pour laquelle cette musique a rapidement été mise de côté par les musiciens de son époque, puis oubliée, malgré ses qualités musicales indéniables. »

 




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