Sarah Nemtanu et Anne-Lise Gastaldi dans l'amphithéâtre Richelieu © Michaëlla Sinapin
Sarah Nemtanu et Anne-Lise Gastaldi dans l'amphithéâtre Richelieu © Michaëlla Sinapin
Chronique
Interview

Camille Saint-Saëns à la Sorbonne

par Charles-Marie Hulot | le 5 avril 2017

Organisés par le musicologue Jean-Pierre Bartoli, les concerts de midi constituent un agréable moment de convivialité pendant lesquels différents artistes classiques sont invités à se produire. En ce 24 février 2017, la violoniste Sarah Nemtanu et la pianiste Anne-Lise Gastaldi ont eu l’occasion de jouer en musique de chambre dans un programme entièrement consacré à Camille Saint-Saëns.

 

Allant de la musique de la Renaissance aux créations contemporaines, en passant par le jazz, la programmation des Concerts de Midi est attirante, riche et variée. Pour le cinquième concert de la saison, donné dans l’amphithéâtre Richelieu de l’université Paris-Sorbonne, la violoniste Sarah Nemtanu et la pianiste Anne-Lise Gastaldi ont présenté un programme autour de Camille Saint-Saëns et de ses œuvres de jeunesse méconnues.

Comme le public d’aujourd’hui ne connaît qu’une partie de l’importante production du grand compositeur français, les musicologues Jean-Pierre Bartoli, professeur d’histoire de la musique à Paris-Sorbonne et organisateur de l’événement, Michael Stegenmann, titulaire de la chaire de musicologie de l’université de Dortmund, et François de Médicis, professeur de musicologie à l’université de Montréal, se sont lancés dans le recensement et la publication de l’ensemble de son catalogue. Le projet est ample et ambitieux : les recherches effectuées feront l’objet de 36 volumes publiés par l’éditeur Bärenreiter d’ici 2040.

La violoniste Sarah Nemtanu pour le concert Camille Saint-Saens © Yann-Artus Bertrand

La violoniste Sarah Nemtanu © Yann-Artus Bertrand

Après un préambule, dans lequel les trois musicologues ont recontextualisé chacune des compositions au programme, Sarah Nemtanu a ouvert le bal avec la Sonate en si bémol majeur. Écrite à seulement sept ans, cette pièce fait preuve de beaucoup d’inventivité tout en restant profondément inscrite dans une grande tradition. Le violon solo de l’Orchestre National de France nous en offre une interprétation enjouée et joyeuse, tout particulièrement dans le presto plein de verve.

Suit une comparaison des rythmiques et des mélodiques de l’œuvre de Saint-Saëns avec celles d’autres compositions importantes du répertoire (telles que la Romance de Beethoven et les Concertos pour violon de Mozart), dans le but d’aider le public à comprendre davantage le langage musical du compositeur et ses influences.

Encore méconnue jusqu’à ce jour mais déjà appréciée, la Sonate inachevée, composée en 1850, est ponctuée de quelques surprises musicales (des rythmes très décidés au début et des pizzicati de la fin), qui permettent également d’apprécier la grande complicité entre les musiciennes.

Le concert est enfin clôturé par la Sonate nº 1 op. 75 en ré mineur. Cette œuvre rhapsodique et virtuose est admirablement bien servie par Sarah Nemtanu et Anne-Lise Gastaldi , dont le jeu dynamique, intense et aux contrastes saisissants, remplit l’acoustique intime de l’amphithéâtre historique de la Sorbonne.

 


Le site internet des concerts-conférences de la Sorbonne




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