Alexandre Hémardinquer © Constance Clara Guibert
Alexandre Hémardinquer © Constance Clara Guibert
Interview

Conversation avec Alexandre Hémardinquer

par Cinzia Rota | le 21 juillet 2014

Conversation avec Alexandre Hémardinquer, administrateur général et coordinateur artistique des Rencontres Musicales d’Évian.

 

Les Rencontres Musicales d’Évian renaissent après 13 ans d’absence, quels sont les enjeux pour les faire revivre ?

Pendant ces 13 années il n’y a pas eu une vraie interruption car le festival a continué à exister dans un format plus réduit en tant que « Escales Musicales d’Évian ».

Les Rencontres Musicales d’Évian signent la renaissance du festival sous la même forme qu’à l’époque de Rostropovich, avec une durée plus longue, plus de concerts, d’artistes invités et de diversité dans les formations.

Notre plus grand défi avec le Quatuor Modigliani a été de définir l’identité propre au projet, tout en se nourrissant de l’expérience du festival passé et en tissant un lien en filigrane avec son héritage.
Il faut avouer que la tâche n’était pas facile, car en 14 ans les publics évoluent beaucoup et, si dans l’inconscient du mélomane les Rencontres Musicales d’Évian rappellent le souvenir de celles de Rostropovich, pour nous c’est tout de même une vraie première année.

 

Parlez-nous donc de cette identité et de son lien avec le festival de Rostropovich.

Le principe est celui de la rencontre et des formations musicales sous toutes les formes possibles : solo, duo, trio, quatuor, quintette, sextuor, octuor et orchestre de chambre.
Pendant le festival on a donc pu assister à des combinaisons très différentes, du récital de piano de Grigory Sokolov jusqu’au concert avec l’Orchestre des Pays de Savoie.

Pour garder le lien avec Rostropovich, le Quatuor Modigliani a choisi d’inviter beaucoup de violoncellistes et a souhaité la présence du quatuor Borodin, témoin des anciennes rencontres.

Le Quatuor Modigliani a construit un projet autour de la musique de chambre car en tant que quatuor il represente la formation « reine » du genre.

La direction artistique s’est rapidement orientée vers une programmation autour de Schubert et du concept étendu de « Schubertiades », des rencontres musicales et littéraires autour de la musique du compositeur.

 

Pourquoi le choix de direction artistique s’est-il porté sur le Quatuor Modigliani ?

Le Quatuor Modigliani était à l’initiative du projet de renaissance du festival, c’est eux qui ont approché l’Évian Resort pour proposer un premier jet de programmation et les contours de cette proposition les ont rapidement seduits.

Avoir confié la direction artistique à un quatuor à cordes a par ailleurs beaucoup de sens, car pendant 22 ans Évian a accueilli le « Concours International du Quatuor à Cordes », qui depuis 1999 a lieu à Bordeaux.

 

Quels sont les atouts de votre festival et comment comptez-vous le pérenniser ?

Le premier atout est sans doute la Grange au Lac, cette salle à l’acoustique parfaite, grande mais intimiste grâce à un plateau de plein pied qui fait disparaître la barrière symbolique entre le public et les artistes.
Je suis toujours ravi d’accompagner les musiciens la première fois dans la salle, d’abord ils sont curieux puis positivement étonnés et complètement conquis.

Ensuite nous avons la chance d’être au sein de l’Évian Resort, avec son cadre apaisant, ses beaux jardins et une vue imprenable sur le lac Léman et les montagnes.

Toutes les conditions sont donc réunies pour nous aider à structurer l’événement et à le pérenniser, tout en tissant des liens avec les artistes, le public et la vie musicale d’Évian, comme nous avons fait cette année avec l’Académie Musicale d’Évian, la Maison des Arts de Thonon-Évian et l’Orchestre des Pays de Savoie.

 

Nous avons vu beaucoup de jeunes artistes ici à Évian, comment les avez-vous soutenus ?

Il est important pour nous d’offrir aux jeunes artistes la possibilité de se produire sur scène dans le cadre du festival, de rencontrer des musiciens plus expérimentées et de tisser des liens avec les autres artistes.
Cette année nous avons invité plusieurs jeunes musiciens de différentes nationalités comme Pablo Ferrández, Chad Hoopes, Adam Laloum, Edgar Moreau, Raphaël Sévère et Beatrice Rana.

Quel est le bilan de ces premières rencontres et quelles sont vos idées pour la prochaine édition ?

Cette belle aventure a commencé de manière très encourageante avec des retours très positifs de la part des artistes et du public.

Les rencontres ont le potentiel de devenir une vraie parenthèse pour les artistes, qui pourront finalement se poser un moment et casser la routine des voyages de l’enchaînement des concerts. Sur le thème d’une Schubertiade étendue, il pourront se rencontrer davantage et expérimenter des nouveaux programmes et des nouvelles combinaisons, dans le plaisir de partager la musique.

Notre ambition est de devenir le festival préféré des artistes et du public !

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