© Némo Perier Stefanovitch
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Interview

Conversation avec Isabelle Druet

par Cinzia Rota | le 13 novembre 2014

Conversation avec Isabelle Druet, mezzo-soprano

A l’occasion de l’anniversaire de la Grande Guerre vous présentez un programme qui la raconte, du départ au front jusqu’à la mort, avec le quatuor Giardini. Comment l’avez-vous imaginé ?

L’idée vient du Quatuor, avec qui j’ai eu l’occasion de faire plusieurs concerts. Nous avons réfléchi ensemble à un programme pour quatuor avec piano et voix et nous nous sommes ensuite interrogés sur le type de répertoire : des airs et des mélodies mais aussi des quatuors.
Le thème de la guerre a été proposé par Alexandre Dratwicki du Palazzetto Bru Zane, qui a également construit les quatre parties du programme en y intégrant des très belles pièces et des compositeurs inconnus, qui n’ont pas à pâlir devant Duparc ou Debussy.


Au programme il y a une alternance de mélodies et d’airs d’opérette, comment passez vous des uns aux autres ?

Effectivement nous nous sommes posés la question d’utiliser seulement des mélodies, mais comme il n’y en a pas qui soient aussi joyeuses, nous avons pensé aux airs d’opérette pour rajouter un côté plus léger au spectacle, je pense notamment à La Grande Duchesse de Gérolstein d’Offenbach.

Dans l’opérette je chante par cœur avec une mise en espace et donc un rapport direct avec le public, en revanche pour la mélodie je suis plus en relation avec le quatuor, de façon à créer une atmosphère plus intimiste.
J’utilise également quelques accessoires qui, en dépit de leur minimalisme, caractérisent tout de suite les personnages.


Comment passez-vous si rapidement d’un sentiment à l’autre ?

En tant qu’interprète on est amené à passer d’une émotion à l’autre facilement. Je suis très à l’aise avec ça : j’aime bien l’éclectisme, dans les rôles ainsi que dans les genres musicaux.
Si j’ai la chance d’avoir une facilité à passer d’un état à l’autre, il faut aussi dire que le programme est bien construit, avec un ordre chronologique et une cohérence, qui le rendent plus facile à interpréter.


Vous êtes également comédienne, comment est-ce que cela vous aide quand vous chantez ?

Le fait d’être comédienne effectivement aide beaucoup et me permet de me détacher facilement de la partition et
de donner plus au public. J’aime beaucoup chanter, car non seulement il y a la musique, mais on est aussi au cœur d’un texte.


Et quel est votre poème préféré dans ce programme ?

J’aime beaucoup les mélodies de Debussy et l’Élégie de Nadia Boulanger qui est très touchante, mais – à vrai dire – tout le programme me plaît énormément, chaque pièce à sa façon.
En ce qui concerne les textes, il y en a de plus simples et immédiats comme En paradis de Dubois ou Exil de Chaminade, et de plus complexes, comme ceux de Debussy, que j’aime beaucoup. Mais finalement l’important est ce qu’ils transmettent, il ne faut pas non plus trop chercher à comprendre.
Je pense qu’il est important de renouveler la forme du concert classique. Si le thème de la guerre n’est pas joyeux, le public est tout de même agréablement surpris par la légèreté des autres pièces. C’est un programme complet et touchant, avec une cohérence. S’il a plus de travail en amont, ce genre de projets sont très passionnants et le public le reçoit différemment. C’est un vrai plaisir partagé.


Comment ça a été de travailler avec le quatuor ?

C’est tout d’abord une histoire humaine, nous sommes amis et nous sommes impatients de travailler ensemble.


Une fois la tournée de ce spectacle achevée, quels sont vos projets ?

Après la tournée je ferai La Grande Duchesse de Gérolstein d’Offenbach, mise en scène.
Puis j’ai des concerts avec l’Orchestre d’Avignon et à Baden-Baden et pour finir, en mai je serai Nerissa dans Le marchand de Venise de Reynaldo Hahn.
J’aime bien varier mon répertoire, de l’opéra au baroque, des concerts avec orchestre jusqu’au récitals.

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