David Grimal © JL Atlan
David Grimal © JL Atlan
Interview

David Grimal et l’aventure atypique des Dissonances

par Cinzia Rota | le 16 janvier 2017

A l’occasion de la sortie d’un nouvel enregistrement entièrement dédié à Chostakovitch, nous avons rencontré David Grimal, violoniste et fondateur de l’orchestre Les Dissonances

 

En 2004 vous avez fondé Les Dissonances, une formation à géométrie variable, qui a la particularité de se passer du chef d’orchestre. Qu’est ce qui vous a poussé à ce choix non-conventionnel ?

J’avais besoin de retrouver le chemin des autres et de la musique hors des cadres imposés par le métier de musicien, d’un espace de liberté et de créativité.

 

Quelles sont les contraintes et les avantages de jouer sans chef ?

C’est un exercice différent tout simplement. Les musiciens doivent s’impliquer pleinement dans la construction et la conscience de l’interprétation de l’oeuvre. Il s’agit d’une autre manière de vivre la musique collectivement, il n’est pas forcément nécessaire de comparer les deux expériences qui sont complémentaires.

 

Que se passe-t-il avec les grandes formations ?

Lorsque nous sommes 80, c’est le même travail qu’à 45, la concentration est encore plus grande et la joie et la chaleur humaine surmultipliées.

 

Qui sont les musiciens des Dissonances et quelles sont les valeurs qu’ils partagent ?

Des musiciens d’horizons très variés, certains jouent dans les plus grands orchestres européens, d’autres sont solistes ou chambristes, d’autres encore étudiants, d’autres sans domicile fixe… les générations, les nationalités et les différents profils se mélangent avec bonheur !

 

Comment avez-vous pensé le modèle économique de ce collectif d’artistes ?

Le modèle économique se construit au fur et à mesure des défis artistiques. Nous bénéficions du soutien de plusieurs collectivités publiques, de mécènes, d’entreprises et de particuliers. Les salles qui nous programment régulièrement sont notre principal réacteur…

 

A la lumière de votre expérience, quels conseils donneriez-vous aux artistes qui envisagent de créer leur propre ensemble ?

Je leur souhaiterais beaucoup de courage pour affronter les réalités économiques et politiques de notre pays !
Je leur conseil également de ne pas varier de leur conviction profonde, de ne jamais sacrifier l’artistique au profit d’une réussite rapide.

 

Votre orchestre ne manque pas de développer des initiatives de rayonnement : en 2013 vous avez fondé votre propre label « Dissonances records » et en collaboration avec Heliox Production vous faites des captations de vos concerts. Pourriez-vous nous parler de cette démarche multimédia ?

Depuis le début, je savais que si l’histoire des Dissonances n’était peut-être pas comprise d’emblée par tout le monde, elle marquerait un jour l’histoire de l’interprétation de par le changement de paradigme induit par le projet. Notre initiative est donc à la fois une démarche de communication pour faire connaître les Dissonances, ainsi qu’une volonté de garder trace de cette aventure singulière.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à créer votre projet « L’autre saison » et à collaborer avec l’association les Margéniaux ?

J’ai créé les Margéniaux avec des amis, afin de venir en aide aux plus démunis, « L’autre saison » est le moyen que nous avons de lever des fonds. Les valeurs de solidarité et d’entraide sont dans l’ADN des Dissonances.

 

Pourriez-vous nous parler de la genèse votre dernier album, entièrement consacré à Chostakovitch ?

Pour notre dernier album nous avons collaboré avec le violoncelliste Xavier Phillips, qui est mon ami depuis 25 ans.
Il est pour moi un des plus grands interprètes aujourd’hui du Concerto pour violoncelle nº 1 de Dmitri Chostakovitch : c’était donc une évidence de lui proposer de faire cet enregistrement avec nous. Nous y avons ensuite associé la 5ème symphonie, car elle paraît s’y intégrer tout naturellement.

Quel sont les projets pour l’année à venir ?

Au cours de cette saison et de la prochaine, nous abordons de nouveaux défis dans le grand répertoire symphonique : la Symphonie n° 7 en mi majeur d’Anton Bruckner, le Concerto pour orchestre de Béla Bartók, le Sacre du printemps d’Igor Stravinsky, Ibéria de Claude Debussy et l’Alborada del gracioso de Maurice Ravel, entre autres…




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