Gaspard Dehaene © Laurent Bugnet
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Interview

Gaspard Dehaene : « Chaque concert est une aventure nouvelle »

par Sonia Bos-Jucquin | le 2 novembre 2017

Fils d’Anne Queffélec, Gaspard Dehaene fait partie de la jeune génération de pianistes à suivre de près. A quelques semaines de son concert à la Philharmonie de Paris, nous avons rencontré le musicien, dans un havre de paix parisien, pour échanger autour de sa passion pour Chopin mais aussi pour la musique et l’art en général. Autour d’un thé, le jeune homme a accepté de répondre à nos questions afin d’en savoir plus sur qui il est et pourquoi il s’inscrit dans ces talents de demain à aller écouter dès aujourd’hui.

 

Pourriez-vous nous résumer votre parcours artistique ?

J’ai commencé le piano de manière très sérieuse à l’âge de 16 ans suite à un coup de cœur musical qui était la Quatrième ballade de Chopin. De là, je me suis présenté au CRR de Paris dans la classe d’Anne-Lise Gastaldi et au CNSMD chez Bruno Rigutto et Denis Pascal. Ensuite, j’ai fait trois ans d’aller-retour et de séjours à Salzbourg en Autriche, au Mozarteum, avec Jacques Rouvier et enfin, deux ans à Paris avec Rena Shereshevskaya à l’Ecole Normale de Musique pour le piano et avec Anne Le Bozec pour l’accompagnement vocal au conservatoire de Paris.

 

Est-ce que l’influence de votre mère, également pianiste, s’est ressentie très tôt ou bien avez-vous cherché à vous en détacher rapidement ?

L’influence s’est ressentie de façon active mais je l’ai d’abord rejetée par une sorte de mécanisme freudien tout à fait banal mais il y a eu un véritable travail en moi. Le fait d’entendre constamment de la musique ou certaines œuvres de son répertoire, toujours en fond sonore chez moi, a forcément façonné mon oreille et même ma passion pour la musique qui, dans mon enfance, ne s’était pas encore déclarée. J’ai subi cette influence mais je l’ai ensuite adaptée à ma façon. Je n’ai jamais voulu copier ni même considérer que ma mère est un modèle mais je m’inspire de son contact et de nos discussions, de nos interrogations pour avancer. Je pense qu’il est important de garder sa singularité et de la cultiver le plus possible.

 

Il vous arrive de jouer avec votre mère aujourd’hui. Comment arrivez-vous à gérer cela et à vous affirmer à ses côtés ?

Il ne tient qu’à moi de le faire. Quand on a la chance de jouer avec un interprète de qualité, on a le choix de le suivre totalement ou au contraire d’avoir l’audace de proposer. Je pense que les interprètes sont désireux de voir l’autre proposer des choses, quelle que soit la personne avec qui ils jouent, parce que cela permet d’avoir un regard neuf, de redécouvrir une partition grâce au prisme d’autrui. Je pense qu’il appartient aux jeunes interprètes comme à moi, de creuser sa propre réflexion par rapport à une œuvre afin d’avoir quelque chose de conséquent. La particularité du piano c’est qu’il est le seul instrument sur lequel on peut jouer à deux. Même si celui qui joue à gauche du clavier, dans le registre grave, doit être forcément plus discret et peut-être avec une acuité d’écoute et un rôle plus accompagnateur pour celui de droite, il y a mille façons, des bonnes et des mauvaises, d’accompagner. Là, en l’occurrence, quand il s’agit du quatre mains, le travail est de toute façon intéressant mais je pense qu’il faut surtout éviter, surtout quand on est à deux sur un instrument, qu’il y ait un registre qui soit absent.

 

Quelle est votre état d’esprit juste avant un concert ?

C’est assez variable mais j’ai vraiment besoin de faire une petite sieste, que j’assimile plutôt à de la méditation durant une vingtaine de minutes. A moins que je sois très fatigué, je ne m’endors jamais mais cela me permet de me retrouver moi-même et de me concentrer sur des choses basiques comme la respiration et le souffle mais aussi de mettre de l’ordre dans mes pensées. C’est vrai que le jour d’un concert, on a beaucoup de parasites. On se demande qui va venir, si ce sera plein, on a des inquiétudes par rapport à la mémoire du programme… Cela me fait donc du bien de passer un coup d’éponge. En me reposant, je sens qu’il y a davantage de paix intérieure et d’énergie qui me permettent de jouer. Juste avant, je relis les partitions, j’essaye de chanter des débuts de morceaux et de ne pas trop m’investir non plus émotionnellement parce qu’il faut garder un peu sous la pédale pour la scène. J’arme un peu mon inspiration, j’essaye de la préparer pour qu’elle soit prête à l’usage et que j’ai l’envie de jouer. Parfois, j’ai très peur et dès que j’arrive sur scène je me sens bien et d’autres fois, c’est l’inverse. Je pense que c’est surtout une histoire de terrain et de jour mais chaque concert est une aventure nouvelle.

 

Y a-t-il un lieu où vous aimeriez jouer et vivre justement une aventure nouvelle ?

Récemment, j’ai joué au Japon dans une salle à proportions humaines, le Oji Hall. C’est une salle de 300 personnes. J’ai vraiment été séduit par ce genre de taille qui permet à la fois l’attention et une qualité d’écoute dans une atmosphère assez confinée mais aussi un partage assez idéal comme ce que l’on peut ressentir dans un salon. Dans une petite salle, c’est très agréable mais aussi un petit peu inhibant, on trouve parfois les gens un peu trop près de soi, on discerne tous les visages mais dans une immense salle, on se sent un peu perdu. On est partagés, avec la sensation que le public et la salle n’existent pas ou au contraire qu’ils sont beaucoup trop nombreux et cela nous dépasse.

J’ai entendu parler du Wigmore Hall à Londres. Je n’y suis jamais allé mais c’est une salle où tout le monde vante l’acoustique et qui est assez petite, sans pour autant être minuscule, et prestigieuse aussi. Dans un autre registre, je vais bientôt avoir la chance de jouer à la Philharmonie de Paris et salle Cortot qui rentre également dans cette catégorie : une salle plutôt intimiste et en même temps conséquente. Pour la Philharmonie, je n’ai pas envie de me projeter en ce moment parce que je pense que c’est une chance pour un jeune pianiste d’y jouer. Il faut se mettre en conditions pour vivre un bon moment mais je n’ai pas envie de fantasmer particulièrement sur ce qui va se passer. Je me contente de préparer la chose et advienne que pourra.

 

Avez-vous déjà préparé votre programme pour la Philharmonie ?

Oui, je suis en plein dedans. Je pense qu’il est important pour ce genre de concert d’avoir travaillé l’œuvre en amont, de la laisser reposer, de la reprendre et de vivre avec, de la faire vieillir comme on le ferait avec un vin avant un grand dîner. Il ne faut pas juste préparer le plat pour l’échéance mais vraiment s’imaginer qu’elle a lieu plusieurs fois avant. Et peut-être même jouer devant des amis. Le plus important pour moi c’est de ne pas passer à côté du moment et d’être heureux de jouer le jour J en me sentant prêt. Ce n’est pas un accouchement mais il y a quelque chose de cet ordre-là, comme un cheminement avec plusieurs étapes mais il faut ménager l’excitation. Je sais que c’est important de s’y prendre à l’avance.

Gaspard Dehaene © Laurent Bugnet

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Quel serait votre programme idéal ?

C’est difficile parce que j’aime qu’il y ait des liens entre les compositeurs. J’aime en jouer plusieurs au sein d’une même soirée, comme un menu où les choses s’enchaînent bien. On a besoin de tension, de relâchement, de contrastes, d’oppositions de styles… Ceci étant dit, ce n’est pas forcément évident de trouver un fil conducteur mais il y a quand même moyen. En ce moment, je réfléchis à une thématique autour de Schubert et Liszt avec entre les deux toutes les pièces que le second a transcrit comme les lieder. Là je viens aussi de réfléchir à un programme sur le thème de l’exil et notamment de quelques compositeurs qui sont allés à New-York comme Schoenberg, Rachmaninov, Prokofiev… Je trouve cela intéressant de cibler cet aspect du voyage, du déracinement ou au contraire de la fascination et de la découverte que certains compositeurs ont eu lors de leurs voyages. Cela a forcément influencé leurs compositions. En ayant un programme bien construit, on donne vie et d’autant plus d’aplomb et de conviction à son interprétation. C’est ce qui permet justement que les choses s’enchainent malgré leurs oppositions et que chaque pièce arrive au bon moment. J’aime beaucoup la musique espagnole aussi. Un pianiste espagnol m’avait dit qu’en Espagne, le plus grand compositeur, c’est Ravel ! Il y a donc des choses à trouver. Debussy aussi me fait beaucoup de clins d’œil.

 

Y a-t-il un morceau que vous aimez jouer plus particulièrement, pour votre plaisir personnel, ou que vous aimez reprendre de temps à autre ?

Oui ! J’ai beaucoup d’affinités avec certaines pièces de Chopin comme La Barcarole ou la Quatrième ballade. Chopin avait une telle compréhension physiologique du clavier et de la main ! Avec Chopin, on n’a jamais fini d’essayer de trouver l’adéquation idéale à la chimie qui peut s’opérer entre un pianiste et son instrument. C’est vraiment une recherche qui se fait passivement. J’ai souvent échangé là-dessus avec des collègues. On travaille une œuvre de Chopin mais plus on la travaille et moins on y arrive. Alors on arrête, on fait une pause, et quelques semaines après, on n’y a pas touché, on la joue et tout ce que l’on avait travaillé a mûri et s’opère de façon complètement magique. On trouve la détente idéale qui doit être physique mais aussi mentale. Chopin a beaucoup réfléchi sur ce que le piano peut donner dans le but d’un échange entre l’interprète et l’instrument. Dans l’œuvre de Chopin, on ne peut pas brusquer l’instrument sinon on se fatigue et il y a des choses qui ne passent pas. Il y a une recherche de souplesse qui est indispensable sinon on peut avoir des tendinites. Comme par magie, on est heureux de retrouver les pièces de Chopin que l’on a arrêté de travailler pendant trois semaines ou plus. C’est différent avec certaines pièces, plus de bravoure, comme Liszt ou Beethoven, où il y a une forme de gymnastique qui s’impose et quelque chose de physique qui est assumé et partie intégrante de la musique. Après, chacun ressent les choses différemment mais moi, c’est comme ça que je le ressens.

 

Y a-t-il un répertoire que vous aimeriez découvrir ou que vous souhaiteriez creuser davantage ?

Oui. A ce stade de mon développement, il ne faut pas se fermer des portes. Au contraire, il faut toujours ouvrir le plus possible l’éventail. Je voudrais plus découvrir la musique russe du point de vue musical pour ce qu’elle peut libérer comme emphase et grandeur. J’ai lu des romans russes ces dernières années comme Anna Karenine qui m’ont donné un pan de sensibilité et d’humanisme. Ça m’a fortement intéressé et donné l’envie de me plonger là-dedans. Je découvre aussi le jazz. J’ai des projets qui sont encore assez lointains pour le moment mais qui m’intéressent beaucoup. Je suis fasciné par la dimension rythmique et harmonique que le travail du jazz peut engendrer et peut permettre à un musicien classique. Je pense qu’on va encore plus loin dans la compréhension de la musique. Il y a tellement de courants musicaux qui ne se transmettaient qu’à l’oral ou en jouant ! Je pense notamment aux musiques tziganes ou indiennes. Le jazz en est un exemple dérivé. Le classique est fascinant car ce sont de vrais génies de l’humanité qui se sont investis de manière cérébrale pour donner naissance à des chefs-d’œuvre écrits dans les moindres détails. Pour l’interprète, on peut être emprisonnés par le cadre de la partition ou complexés or je pense que c’est précisément ce que ne souhaitaient pas les compositeurs. Ils veulent que nous les fassions vivre. Il est nécessaire aussi d’avoir un rapport de liberté avec la musique et d’oser improviser ou composer. Je ne suis pas compositeur mais j’essaye de développer cela parce que je pense que c’est une sorte de digressions qui me rapprochent de ce que veulent les compositeurs que je travaille.

 

A quel moment de la journée préférez-vous travailler ?

J’adore travailler le matin si j’ai assez dormi. En général, je me débrouille pour avoir assez dormi. Le matin, je me sens en pleine capacité de mes moyens. Cette sensation d’avoir la journée devant soi me donne l’impression d’avoir toute la vie devant moi. Une fois le déjeuner passé, il y a une perte, peut-être à cause du processus digestif. Il parait qu’il est conseillé de se réveiller tôt et de ne pas faire de grasse matinée, quitte à faire une sieste dans la journée, parce que cela donne un second souffle. Je pense que je vais expérimenter cela, essayer de ne pas me réveiller tard pour être dans un rythme qui soit concordant avec la journée mais c’est vrai que j’adore le matin ou alors tard le soir aussi. En général, on a la fatigue de la journée mais en même temps il y a quelque chose de l’ordre de l’apaisement. Alors là, ce n’est que du bonus cette sensation de se dire que l’on a fait ce que l’on avait à faire ou alors qu’il est trop tard pour le faire et que maintenant, on peut se faire plaisir. C’est assez séduisant comme idée. En même temps, on peut aussi tomber un peu dans la complaisance, trop jouer pour son plaisir et ne pas être dans l’efficacité mais jouer et avoir du plaisir, cela fait aussi partie du travail.

 

Si je vous dis que la musique est un jeu, qu’en pensez-vous ?

Certaines musiques sont joueuses et il y en a qui sont beaucoup plus sérieuses, cela dépend beaucoup des compositeurs. Chez quelqu’un comme Mozart, on sent qu’il y avait une fascination pour la surprise, pour la légèreté, pour l’esprit et l’humour. Haydn et Beethoven aussi mais il y en a d’autres qui ont essayé d’être plus sérieux. Chopin a exploré d’autres univers. Je ne dirai pas qu’il y a du jeu chez Chopin, encore que, bien qu’il existe des pièces qui pourraient être assimilées à cette notion de jeu. Cependant, je pense que ça peut être une bonne vision à mon avis, dans la foulée de ce que je disais avant afin de favoriser la vie et permettre qu’il n’y ait pas que de la gravité et de la lourdeur. Il y a tellement de chefs-d’œuvre qui sont comme des testaments et d’autres lourdes de sens dont on se demande, en tant qu’être vivant, si on est assez mûr pour les aborder. Souvent, on s’y risque tout de même mais avec un tel poids, qui est justifié bien entendu. Il est toujours bon d’explorer l’autre pendant afin de trouver un équilibre. Je ne crois pas à l’unique direction. Je pense que toutes recherches est source d’apprentissage, tout comme l’échec. Parfois, on se trompe, on part dans ce que l’on présume être une mauvaise direction mais cela peut donner quelque chose d’instructif ou d’enrichissant, même dans ce que l’on croit être la bonne direction d’ailleurs. Donc oui : jouons !

Gaspard Dehaene © Laurent Bugnet

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Dans notre société individuelle et craintive, que peut apporter la musique classique ?

Il y a un rapport au temps qu’il faut reconsidérer. La musique permet de se calmer, d’entrer un peu en introspection, d’arrêter cette course au toujours plus, toujours plus efficace, toujours plus de contacts. Outre ce que les harmonies déclenchent en nous (le bien-être, la pureté des sons…), quand on entend un grand orchestre dans une grande salle, c’est quand même une chose qui, acoustiquement, est fascinant et qui, instantanément, procure un bien-être. Je pense que cela est universel et que c’est bon pour la santé. En tant qu’interprète, il est important pour moi de susciter, d’éveiller la curiosité à tout prix, de faire comprendre aux gens qu’ils vont passer un bon moment. On est très souvent récompensés par un effort, celui que l’on fait pour aller vers quelque chose ou quelqu’un. De plus en plus les gens se recroquevillent sur eux-mêmes, sur leur Smartphone. Ils regardent les mêmes chaînes, ont toujours un peu les mêmes occupations et il y a une forme de peur d’aller vers des choses comme la musique ou l’art en général, parce qu’ils pensent qu’ils ne vont rien y comprendre. On n’est jamais insensibles à une œuvre d’art. On peut aimer, ou ne pas aimer, on peut croire que l’on ne comprend pas mais il y a une chose qui agit sur nous. Il faut juste avoir conscience de ça. Je ne connais rien à la peinture mais j’essaye de m’y mettre au contact. Peut-être que je connais davantage qu’avant et je commence à repérer ce que j’aime, ce qui me fascine. Chacun développe ensuite ses propres goûts au gré de ses expériences. Tout ça, c’est de la vie en fait ! Ce sont des instants qui ont un rapport au temps très précis et unique. C’est pour ça qu’il est important de se donner les moyens de les vivre.

 

En dehors de la musique, de quels arts vous nourrissez-vous ?

Je vais quelques fois au théâtre. J’aimerais lire beaucoup plus qu’actuellement. Sinon, j’essaye au maximum, dans mes voyages, de trouver le temps d’aller voir un musée ou deux. Je suis assez ouvert et fasciné par cette sensation de curiosité mais parfois je passe à côté des choses avec l’impression de ne pas comprendre mais je me réconforte en me disant que ce sera peut-être pour la prochaine fois. A d’autres moments, je suis émerveillé.

 

Si quelqu’un vous dit « la musique classique c’est ennuyeux et c’est pour les vieux », que répondez-vous ?

Je demande à la personne ce qu’elle y connait à la musique classique. En général, les réponses prouvent simplement que la personne ne connaît pas grand-chose et quand je dis cela, c’est un euphémisme. Cette situation m’est déjà arrivée. J’en déduis que la personne ne connaît pas et qu’elle n’a pas eu la curiosité. On ne peut pas tout connaître, on ne peut pas se passionner pour tout et chaque personne est différente mais je suis à peu près certain que quelqu’un qui dit une phrase aussi absurde ne connaît pas.

 

Pour remédier à cette situation, que lui conseilleriez-vous ?

Franchement, il y a déjà tellement de grands classiques dans le classique… Ce que j’avais conseillé à des amis désireux de connaître, c’est de prendre une pièce et de l’écouter plusieurs fois et aussi de ne pas avoir peur. C’est vrai qu’il y a beaucoup de gens qui ne se lancent pas là-dedans parce qu’ils se sentent écrasés par la quantité de choix proposée. Par quoi commencer ? Peut-être faut-il choisir un instrument, une pièce d’un compositeur qui a bien œuvré pour cet instrument et ne pas avoir peur d’écouter. Quand j’ai commencé à me passionner pour la musique, j’écoutais trois morceaux de Chopin en boucle pendant trois mois. Je n’ai rien écouté d’autre et j’étais heureux comme ça. La musique, c’est aussi cela : on n’est pas obligés d’être dans la découverte. Quand on aime une musique, il faut aussi la consommer.

 

Vous êtes un jeune trentenaire. Que peut-on vous souhaiter pour les trente prochaines années ?

Me souhaiter de garder une relation saine à la musique. Stabiliser, il ne faut pas y compter parce que c’est une aventure qui se renouvelle perpétuellement et au contraire, c’est ça l’excitation ! J’ai la chance de faire quelque chose qui m’évite toute routine. Ce que je souhaiterais pour moi, c’est de garder cette envie que j’ai, aujourd’hui, et cette passion doublée de cette énergie. Et puis peut-être avoir une famille avec de beaux enfants !

 

Quelles sont les prochaines dates dans votre agenda ?

Le 2 et 3 décembre à Chateaubriand et le 11 décembre à Paris, à la salle Cortot. Le 13 janvier, je serai à la Philharmonie de Paris puis le 8 février 2018 à Fontaine-les-Dijon. Peut-être que je vais jouer à la Folle Journée aussi. J’y ai joué les deux-trois dernières années, j’ai fait des propositions de programmes et j’attends la réponse. On verra bien.

Octobre et novembre sont des mois qui me permettent de prendre de l’avance et aussi de me garder du temps pour moi. J’apprends le jazz donc j’essaye de m’y consacrer un peu chaque jour. Je déchiffre des nouvelles pièces et je travaille mon concerto de Liszt (celui que je vais jouer à la Philharmonie). Je vais profiter de ces périodes de calme pour affronter les tempêtes à venir.




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