© Salon du Violon
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A la loupe

Le premier Salon du Violon à Paris

par Cinzia Rota | le 5 décembre 2014

Le premier Salon du violon, de l’alto, du violoncelle et de la contrebasse a eu lieu les 29 et 30 novembre derniers à Paris.

Des luthiers et des archetiers fabricants français, accompagnés par leurs fournisseurs, ont rempli La Bellevilloise de beaux instruments et de musique dans une ambiance agréable et conviviale.

Les luthiers Bruno Dreux, Jean Louis Prochasson et l’archetier Yannick Le Canu, à l’initiative de l’événement, souhaitaient créer un rendez-vous parisien dédié entièrement à la fabrication des instruments à cordes.

© Classicagenda

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Le but du salon était de mettre en avant la qualité de la création française et de représenter toutes les professions environnantes : les luthiers, les archetiers, les fournisseurs et, bien évidemment, les musiciens.

Si uniquement les professionnels engagés dans les différentes associations – comme l’ALADFI (Association des Luthiers et Archetiers pour le Développement de la Facture Instrumentale), le GLAAF (Groupement des Luthiers et Archetiers d’Art de France),  « La Venotte » et l’association LUPO – ont été invités, c’est parce que les organisateurs voulaient souligner l’importance de l’esprit de partage dans leur métier qui, comme tant d’autres, est aujourd’hui menacé par la crise économique et la concurrence étrangère.

 

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Beaucoup de musiciens étaient au rendez-vous pour tester les instruments et les archets, et pour discuter avec les fabricants, qui n’ont pas hésité à répondre aux questions des visiteurs et à leur expliquer avec enthousiasme leur métier.

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Tout comme Bruno Dreux préconisait, l’ambiance du Salon a été des plus simples et agréables, car pour lui ce salon devait être est avant tout « un reflet de notre relation avec les musiciens : des personnes tout à fait modestes, qui font un effort financier pour acheter un instrument de qualité ».

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Plusieurs événements ont été organisés pendant le salon, dont le plus original a sans doute été le concert du gigantesque octobasse, fabriqué par Jean Jacques Pages, pendant lequel Michael Greenberg (à l’octobasse), Roland Pidoux au violoncelle et Patrice Fontanarosa au violon ont joué, entre autre, une œuvre de Stephane Delplace.

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Si cette première édition, a été un véritable succès, Dreux a déjà des idées et des améliorations prêtes pour la prochaine édition, parce que ce type d’initiative est pour lui « comme un enclavement : on part dans l’erreur puis on ajustera ».

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Le Salon du Violon a été un véritable voyage au coeur du travail complexe et fascinant de la création d’un instrument, où même le petit détail esthétique n’est pas laissé au hasard et où l’ancien et le contemporain cohabitent et se nourrissent réciproquement.

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« Le métier de luthier est complexe. Il demande de solides connaissances en musique, sculpture, peinture, acoustique, histoire. Le luthier fait appel à tous ses sens : vue, toucher, ouïe, odorat. Toutes ces facultés réunies permettront à un luthier expérimenté de transformer quelques kilos de bois très bien choisi en quelques 350 grammes de sonorité pure pour un violon. Des artisans de génie, tels Andrea Amati, Antonio Stradivari, Giuseppe Guarneri del Gesù, ont élevé cet objet à vocation utilitaire au rang d’oeuvre d’art, dans une période comprise entre le 16ème et le 18ème siècle. Ces instruments ne sont pas restés dans leur état d’origine, ils ont dû subir des transformations en lien avec l’évolution musicale. Tout créateur d’instruments de musique fait partie d’un triangle : le compositeur, qui imagine le son, l’interprète qui le créé, le luthier qui le rend physiquement possible. C’est une notion essentielle à comprendre avant de commencer la fabrication d’un violon, d’un alto, d’un violoncelle ou d’une contrebasse. Les meilleurs luthiers de l’histoire ont toujours travaillé en étroite relation avec des compositeurs et des interprètes. »
Frank Ravatin pour le GLAFF

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