Orchestre national de Lyon
Orchestre national de Lyon © David Duchon-Doris
Interview

L’orchestre fantastique de Leonard Slatkin

par Charles-Marie Hulot | le 3 avril 2017

Partageant sa vie entre l’Amérique et la France, le chef d’orchestre Leonard Slatkin avait choisi d’interpréter, avec l’orchestre national de Lyon, un programme « fantastique » comprenant des œuvres de ces deux pays.

 

Placé sous le signe de la fantaisie, ce concert divertissant s’ouvrait par la suite de Billy the Kid d’Aaron Copland, qui s’inspire du ballet homonyme décrivant la vie de William Bonney, l’un des bandits les plus admirés du Sud-Ouest.
Pour transcrire la vie mouvementée de ce hors-la loi américain, Aaron Copland a inséré dans sa composition des éléments folkloriques, tels que d’authentiques chants de cow-boys, qui contribuèrent au succès considérable lors de la création.

Structurée en huit scènes contrastées, la pièce a été interprétée de manière très engagée par l’orchestre national de Lyon, sous la baguette de Leonard Slatkin. Il a en montré tout le caractère burlesque, notamment dans la danse mexicaine et le finale, mais aussi son aspect plus guerrier, comme dans la fusillade, symbolisée par les coups de timbales et les interventions sèches des cuivres.

Unanimement reconnu pour ses interprétations de musique américaine, Leonard Slatkin a livré l’un de ses derniers concerts en tant que directeur musical de l’ONL puisqu’il quittera cette fonction en septembre 2017.

L’invité d’honneur de ce concert était la célèbre pianiste géorgienne Khatia Buniatishvili. Elle a interprété la Rhapsody in Blue de George Gershwin de manière sensuelle et en exploitant l’étendue du piano avec une grande intelligence.

Le fantastique Leonard Slatkin © David Duchon-Doris

Leonard Slatkin © David Duchon-Doris

Orchestrée par Frede Grofé en 1942, cette composition de George Gershwin inclut des éléments de jazz dans l’orchestre symphonique, comme des saxophones alto et ténor, ainsi qu’un banjo, ce qui donnent de l’originalité à la pièce. L’orchestre, réputé pour ses interprétations des pièces américaines du XXème siècle, a été brillant, entre les sonorités chaudes et surprenantes de la trompette solo (avec des effets wa-wa) et la souplesse du clarinettiste soliste, dont on remarquera le glissando introductif de la célèbre mélodie initiale.

En guise de bis, Buniatishvili a donné Clair de Lune de Claude Debussy, dans une interprétation aérienne et poétique, montrant toute son admiration pour la musique française.

Le concert s’est terminé avec la Symphonie Fantastique op. 14 d’Hector Berlioz, où, s’appuyant sur une gestuelle fluide et souple, Slatkin a livré une exécution pleine de contrastes, d’énergie et d’entrain.




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