Kronenleuchter
© Matthias Creutziger
Kronenleuchter © Matthias Creutziger
Reportage

Le Semperoper

par Anne-Lise Dupuis | le 18 juin 2014

Au fil de ses voyages la rédaction de Classicagenda vous propose de decouvrir en musique nos pays voisins.

 

L’Opéra Semper (Semperoper)

Symbôle de la grande tradition d’opéra attachée à la ville de Dresde, le Semperoper, dont la construction initiale dans le style néo renaissance date de 1837-1841, est le troisième bâtiment du même nom.

Construit par Gottfried Semper (1803-1879), grande figure de l’architecture allemande du XIXème siècle qui partagea sa vie entre la réalisation d’édifices à Dresde, Vienne et Zürich et l’enseignement théorique de l’architecture et des arts appliqués, le premier Semperoper sera détruit par les flammes en 1869. Lors de sa reconstruction qui débute en 1871 la Cour de Saxe fait de nouveau appel à Gottfried Semper. Or celui-ci a entretemps dû fuir le pays en raison de sa participation à l’insurrection de Dresde de 1849. Il vit désormais à Zurich et décide de confier la direction des travaux de reconstruction à son fils Manfred Semper.

Ce sont quelques 3000 courriers – que l’on peut voir aujourd’hui exposés à Zurich – qui voyagent à cheval entre la Saxe et la Suisse pour assurer le suivi de la construction de ce second Théatre de Cour (Hoftheater) qui ouvrira ses portes en 1878 et fera, jusqu’en 1895, office de salle d’opéra et de théâtre de la ville de Dresde.

60 ans après sa reconstruction, le 13 février 1945, le Semperoper – devenu Opéra de l’Etat de Saxe en 1918 – sera pratiquement entièrement détruit par les bombardements alliés de Dresde. Sa reconstruction, dans le style néo baroque très proche du second Semperoper, ne débutera qu’en 1977 pour ré-ouvrir le 13 février 1985 – 40 ans jour pour jour après le bombardement de la ville – avec le Freischütz de Carl Maria von Weber (la dernière œuvre qui y avait été représentée).

Semperoper Dämmerung © Matthias Creutziger

Semperoper Dämmerung © Matthias Creutziger

La statue en bronze du sculpteur Johannes Schilling qui surplombe le portail de l’opéra : le Quadrige des Panthères conduit par Dyonisos aux côtés d’Ariane, est l’emblème du Semperoper.

La décoration intérieure, relativement sobre au rez-de-chaussée et caractérisée par une atmosphère tamisée au premier étage, se charge de dorures et de peintures au fur et à mesure que l’on monte dans les étages pour devenir de plus en plus somptueuse. Au second étage elle prend des allures de résidence royale.

Oberes Rundfoyer © Matthias Creutziger

Oberes Rundfoyer © Matthias Creutziger

Des œuvres de la période dite « moderne » (Weber, Wagner…) sont représentées sous forme de peintures en demi-lunes au dessus des portes d’accès aux balcons côté Zwinger. Côté Elbe ce sont des scènes de la mythologie grecque.

Ces portes s’ouvrent sur la magnifique salle d’opéra (1327 sièges)

Zuschauerraum © Matthias Creutziger

Zuschauerraum © Matthias Creutziger

Une horloge dont le mécanisme a été fabriqué par l’horloger de Dresde Friederich Gutkaes surplombe la scène. Cette horloge est surmontée d’une représentation de Chronos – Dieu du Temps et de la Destinée dans la mythologie grecque – et de Putti qui tiennent entre leurs mains un sablier, figurant ainsi l’écoulement du Temps. Pour la petite histoire l’horloge aurait, à l’origine, était installée pour que cesse le claquement des couvercles de montres à gousset de ces messieurs, qui, contraints d’accompagner leurs épouses à l’opéra mais impatients de rentrer, dérangeaient les représentations…

Et pour terminer : l’Opéra de Dresde comme si vous y étiez…

Zuschauerraum Königsloge © Matthias Creutziger

Zuschauerraum Königsloge © Matthias Creutziger

A suivre : Dresde, une tradition d’opéra qui remonte au XVIIème siècle.

 

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