Maxence Pilchen à Gaveau © Simone Straele
Maxence Pilchen en concert à Gaveau © Simone Straele
Chronique

Maxence Pilchen convertit la salle Gaveau !

par Julien Bordas | le 18 novembre 2016

Le 9 novembre 2016, Maxence Pilchen offrait au public de la salle Gaveau un récital intitulé « Beethoven et le romantisme ». Autour de Beethoven, Schubert, Mendelssohn et Chopin, le pianiste a emmené son auditoire aux confins du classicisme et du romantisme. Envoûtant.



La sonate n°21 en do majeur op.53, dite « Waldstein », dédiée au comte Ferdinand von Waldstein, mécène et proche de Beethoven, ouvrait le récital. Baptisée aussi « L’Aurora » (l’aube en italien), cette œuvre marque justement un jour nouveau pour le piano car Beethoven, avant de la composer, venait de se doter d’un instrument Erard au clavier élargi. Une tessiture plus étendue permettant d’exploiter de nouvelles possibilités musicales. Comme le confiait le pianiste à Classicagenda dans l’émission Portée de voix « Avec cette sonate, Beethoven révolutionne la technique pianiste […] on sent qu’il teste tout sur cet instrument, et c’est cela qui est génial ! ». Du talent et de la virtuosité, Maxence Pilchen en fit preuve en interprétant remarquablement ces pages redoutables de technicité ! Et ce n’est pas un hasard. Soucieux de comprendre la démarche des compositeurs du XIX°, l’artiste a développé une solide digitalité en s’exerçant notamment sur des pianos d’époque.
Le chef d’orchestre Hans von Bülow affirmait : « Le Clavier bien tempéré est l’Ancien Testament, les Sonates de Beethoven le Nouveau ». Et à en croire les applaudissements nourris et spontanés ce soir-là à la salle Gaveau, même entre chaque mouvement (blasphème !) – le public semblait bel et bien converti !

Après un bref entracte, Maxence Pilchen enchaîna avec le rapide et brillant Impromptu n°2 op.90 de Franz Schubert. Puis les 17 Variations Sérieuses op.54 de Félix Mendelssohn, empreintes de romantisme et portant encore les stigmates d’une écriture contrapuntique, précédaient le point d’orgue de cette soirée, la Grande Polonaise Brillante précédée d’un Andante Spianato op.22, oeuvre de jeunesse de Frédéric Chopin. « L’Andante Spianato est un morceau de bravoure […] On sent chez lui, sous les traits enrubannés, l’admirateur de l’opéra italien. L’Andante rêveur contraste avec la Polonaise pétulante » notait si justement le musicologue Bernard Gavoty dans son ouvrage Chopin. Un répertoire cher à Maxence Pilchen qui affectionne particulièrement ce compositeur. Disciple des pianistes Byron Janis et Janusz Olejniczak avec qui il étudia l’oeuvre du polonais, le musicien a gravé en 2015 son premier CD consacré aux 24 préludes de Chopin (parus chez Paraty).

En bis, l’artiste a fait preuve d’une belle générosité en nous livrant l’Etude tableau op39 n°9 de Rachmaninov, 3 écossaises de Chopin, et la Sonate en ré mineur de Padre Soler. Rien que ça ! La messe est dite !


Concert à la salle Gaveau, le mercredi 9 novembre 2016.

Programme :

L.V. Beethoven, Sonate n°21 en do majeur op.53 « Waldstein »
F. Schubert, Impromptu n°2 op.90
F. Mendelssohn, 17 Variations Sérieuses op.54
F. Chopin, Grande Polonaise Brillante précédée d’un Andante Spianato op.22

Maxence Pilchen, piano

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