La Nouvelle Athènes © DR
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La Nouvelle Athènes redonne ses lettres de noblesse au piano romantique

par Julien Bordas | le 4 octobre 2019

L’association La Nouvelle Athènes oeuvre en faveur d’une relecture du répertoire romantique sur des pianos d’époque. Nous avons assisté à Paris à une journée entièrement dédiée aux pianofortes XVIIIème. Passionnant.

 

Lundi 23 septembre, une discrète cour intérieure du XXème arrondissement connaît une effervescence autour du piano. Plus exactement le piano romantique. L’association “La Nouvelle Athènes – Centre des pianos romantiques” s’est installée dans les locaux de l’Arcal (Compagnie nationale de théâtre lyrique et musical) pour quelques heures afin d’évoquer les pianofortes XVIIIème. Les participants sont des claviéristes reconnus : on y croise Martin Gester, Aurélien Delage, Aline Zylberajch, Philippe Grisvard, ou encore Jean-Luc Ho. Facteurs et musiciens complètent l’assistance.

Objectif de l’association ? Permettre une relecture du répertoire romantique sur les pianos d’époque, favoriser l’accès aux pianistes à des instruments datant de 1750 à 1850, et partager les connaissances en la matière avec le public et entre ses membres. Ces derniers sont constitués de clavecinistes, pianistes, collectionneurs, restaurateurs, musicologues, et mélomanes.

Pour mettre en oeuvre ce projet, La Nouvelle Athènes dirigée par Sylvie Brély constitue sa propre collection de pianos. Elle peut déjà s’enorgueillir d’un piano à queue viennois Streicher 1847 de la collection Edwin Beunk livré en 2018 à la Fondation Royaumont et d’un second piano carré Erard 1806 qui sera inauguré le 7 février 2020 à la salle Cortot.

Le claveciniste Philippe Grisvard © Julien Bordas

Le claveciniste Philippe Grisvard © Julien Bordas

Une présentation passionnante des musiciens de la cour de Potsdam – regroupés aussi sous le nom d’Ecole de Berlin – par Philippe Grisvard, nous fait croiser les clavecinistes de Frédéric II, le “roi musicien”. Le conférencier évoque Carl Philipp Emmanuel Bach, Johann Joachim Quantz (de loin le musicien le mieux payé de la cour !), Christoph Nichelmann, compositeur non négligeable, ou l’étonnant Carl Friedrich Christian Fasch, constructeur de châteaux de cartes à ses heures, inventeur du jeu de la Grande Patience, et passionné de géopolitique !

 

Des questions autour du 1er pianoforte parisien

Le projet de copie du 1er pianoforte introduit à Paris, un Jean-Henri Silbermann 1776, donne ensuite lieu à une présentation. Aurélien Delage et le facteur Matthieu Vion en charge de sa fabrication, soulèvent les enjeux d’une telle réalisation à travers une projection de photos. En effet, ce nouveau pianoforte exige notamment de dresser un instrumentarium du facteur, d’observer les orgues, clavecins, clavicordes ou pianos, et de se documenter en profondeur avant d’en dessiner les plans.

La Nouvelle Athènes, un espace d'échanges autour du piano romantique © Julien Bordas

La Nouvelle Athènes, un espace d’échanges autour du piano romantique © Julien Bordas

La Nouvelle Athènes – qui compte déjà plus de 80 membres – fait référence au quartier parisien du 9ème arrondissement où vécurent de nombreux artistes tels que Chopin, Sand, Scheffer, Delacroix, Pissarro, Monet… mais aussi à « l’esprit de dialogue et d’échange athénien ».

Aujourd’hui, le débat entre les membres porte sur des problèmes très spécifiques mais essentiels tels que l’épaisseur de la table d’harmonie, la recherche des bois, des matières, la rosace, les jeux, les sommiers inversés ou encore la manette pour actionner le forte. Un vrai laboratoire d’idées.

Martin Gester, fondateur du Parlement de Musique, conclut la rencontre sur un récital qui révèle les couleurs chatoyantes d’un instrument d’exception : la copie du pianoforte Gottfried Silbermann 1749 – touché par Jean-Sébastien Bach lors de sa visite à Berlin. Une réalisation de la factrice Kerstin Schwarz venue spécialement de cette ville. Gester y fait donc résonner des pièces de Carl Philipp Emanuel Bach telles que la Sonate prussienne en ut min, sur des jeux inhabituels, ainsi que le Rondo en la majeur et la Sonate en sol majeur (composée dans un style symphonique). Des extraits des 12 Polonaises de Wilhelm Friedemann Bach, très contrastés, côtoient ceux de la Partita 5 et 6 de Jean-Sébastien Bach. A l’instar d’un orgue, les possibilités de timbres du pianoforte semblent infinies ! Les prochaines rencontres de La Nouvelle Athènes promettent d’être captivantes.

 


Rendez-vous à Royaumont le 14 octobre pour une masterclasse de Piet Kuijken, le 15 octobre pour un atelier du toucher Sally Sargent. Des concerts seront donnés Salle Cortot en décembre.

Pour soutenir et en savoir plus sur la Nouvelle Athènes : https://www.lanouvelleathenespianosromantiques.com/

 




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