Emmanuelle Bertrand avec "Le Poilu", le fac-similé du violoncelle de Maurice Maréchal © Festival de Violoncelle de Beauvais
Emmanuelle Bertrand avec "Le Poilu", le fac-similé du violoncelle de Maurice Maréchal © Festival de Violoncelle de Beauvais
Chronique

Quand Musique rime avec Histoire…

par Cinzia Rota | le 22 mai 2014

« Confrontée aux affres de l’Histoire, la Musique revêt sa dimension la plus noble… »

C’est dans cet esprit que la violoncelliste Emmanuelle Bertrand, directrice artistique du festival de Violoncelle de Beauvais a conçu la programmation de cette année où le violoncelle s’exprime sous toutes ses formes : en solo, en octuor, accompagné par quatre saxophones et en orchestre de violoncelles.

Le Festival s’ouvre sur un concert de grande intensité, la musique de Casals, Mompou, Fauré, Wallner, Cassadó et Turina, s’accompagnant des vers engagés et touchants de Conte, Neruda, Aragon et Mann, qui nous racontent l’histoire et l’engagement politique des artistes.

Un engagement qui renvoie à l’actualité, à travers les paroles de Thomas Mann sur Pablo Casals : « Il refuse son génie à un monde, qui, bien que plongé jusqu’au cou dans la faute […] souhaiterait recevoir de lui ses joies esthétiques ».

© Festival de Violoncelle de Beauvais

Les journées suivantes sont également chargées d’émotion, avec la chanson française d’après guerre, la conférence « Musique et Totalitarisme » et le « concert théâtral » d’après l’histoire vraie d’Anita Lasker-Wallfisch, reconstruite par Emmanuelle Bertrand et Pascal Amoyel à travers des lettres jaunies trouvées dans une brocante.

« …La musique a été le témoin de leur histoire, elle est leur mémoire. Elle leur a permis de surmonter l’épreuve, alors qu’on leur avait si souvent répété qu’on ne peut pas vivre de la musique« . Jean Piat

Au delà de ce travail de mémoire, le festival nous entraîne également vers le futur que ce soit la création contemporaine, avec la commande de « Suite et Liesse » d’Olivier Calmel ou les projets pédagogiques et de sensibilisation à destination de la jeunesse.

Des jeunes musiciens auront ainsi le privilège de participer à des master-classes de violoncellistes de renom tels que Lluis Claret et Raphael Wallfisch et de travailler avec leurs enseignants et les artistes du festival au sein de la « fourmilière », un regroupement de musiciens de Picardie et des régions avoisinantes dirigé par Jean-Philippe Dambreville, directeur du conservatoire d’Aix-en-Provence.

Le festival de Beauvais se distingue ainsi non seulement par l’excellence de sa programmation mais également par sa volonté de promouvoir sa région et ses acteurs, comme l’Orchestre Philharmonique de l’Oise et l’ensemble du Beauvaisis.

Le concert de dimanche 25 mai au Théâtre du Beauvaisis clôturera le Festival en beauté, avec un magnifique programme réunissant Gauthier Capuçon au violoncelle et l’orchestre « Les Siècles » dirigé par François-Xavier Roth.

Avec les « Trois strophes sur le nom de Sacher » dédiées à Mstislav Rostropovitch, le festival n’oublie pas de rendre hommage à son Président d Honneur Henri Dutilleux, présent l’année dernière à Beauvais, dont Emmanuelle Bertrand se souvient avec émotion.

 

 

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