Le Quatuor Hermès © Lyodoh Kaneko
Le Quatuor Hermès © Lyodoh Kaneko
Chronique

Un grisant Quatuor Hermès à la Schubertiade de Sceaux

par Flore Védry-Roussev | le 4 mars 2020

Dans le cadre de la Schubertiade de Sceaux, le quatuor Hermès présentait samedi 29 février devant une salle comble, un programme Haydn, Janacek et Schubert. L’arrivée du violoncelliste Yan Levionnois dans ce quatuor ainsi recomposé lui donne des ailes !

 

Dans la jolie commune de Sceaux, la Schubertiade dirigée par le pianiste émérite Pierre-Kaloyann Atanassov, accueille au sein de la mairie un public mélomane fervent, attiré tant par la qualité de la programmation que par la convivialité de ces concerts.
Composé par Omer Bouchez et Élise Liu aux violons, Yung-Hsin Lou Chang à l’alto et Yan Levionnois au violoncelle, le Quatuor Hermès rayonne déjà depuis une dizaine d’années, comme en témoigne ses nombreux concerts et enregistrements, régulièrement salués par le public et la critique.

 

Le Quatuor Hermès, délicatesse et lyrisme enflammé

Le concert s’ouvre par le quatuor opus 20 n°4 de Joseph Haydn. Avant de jouer, Omer Bouchez présente opportunément l’oeuvre et instaure immédiatement une complicité avec le public. Datant de 1772, cet opus 20 n°4 est un pilier du répertoire de quatuor à cordes, emblématique du « Sturm und Drang » – la tempête et la passion – style viennois précurseur du romantisme.
La finesse et la sensibilité qui caractérisent le Quatuor Hermès s’épanouissent complètement ici… la délicatesse exquise des articulations, le raffinement des nuances et leur fougue s’expriment dans une unité remarquable !

Le Quatuor Hermès © Lyodoh Kaneko

Le Quatuor Hermès © Lyodoh Kaneko

Plus déroutant et très intéressant, est le second quatuor de Leos Janáček  « Lettres Intimes ». Composée en 1928, cette oeuvre comporte de particulièrement belles parties d’alto. Et pour cause, explique Omer Bouchez – l’alto est ici la voix de la femme désirée, hommage à l’égérie de Janáček, Kamila Stösslova. Janáček songera d’abord à baptiser ce quatuor « Lettres d’amour » et l’avait imaginé pour viole d’amour. Mais ce titre, un peu trop explicite, est rapidement remplacé par « Lettres intimes ». Ici l’alto de Yung Hsin Lou Chang, aurait pu apporter plus de puissance au propos mais reste néanmoins d’une voix précise et agréablement douce, notamment dans ses dialogues avec le violon incisif d’Elise Liu. Le quatuor transporte l’auditoire avec une pétulante vivacité dans l’univers tantôt tendre, tantôt tourmenté de Janáček, mais toujours d’une fantaisie étonnante.

 

La deuxième partie restera le temps fort du concert avec une magnifique version de « La Jeune Fille et la Mort » de Franz Schubert ! Chef d’oeuvre incontesté de la musique de chambre, le Quatuor Hermès en livre une vision poignante, qui, on doit le dire, tient beaucoup au jeu passionné d’Omer Bouchez et à celui magistral, onctueux et vibrant de Yan Levionnois, le violoncelliste, qui semble faire remonter à la surface toute la profondeur et le lyrisme de Schubert. Au demeurant, le quatuor dans son ensemble fait preuve d’une excellente cohésion et les quatre archets sont largement salués par le public de la Schubertiade.
Un concert de tout premier ordre avec un Quatuor Hermès qui, dans cette nouvelle configuration, promet de faire encore des merveilles !

 

Le site du quatuor




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