La Revue de Musicologie
Revue de musicologie

Tome 102, n° 1 (2016)

par Classicagenda | le 14 octobre 2000

Texte de présentation du tome 100 : Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Vivamus a finibus nibh, porta interdum tellus. Nullam vestibulum viverra neque, nec ultrices metus vulputate nec. Curabitur at faucibus neque, convallis elementum dolor. Phasellus sed venenatis risus. Nunc non sagittis velit, ut porta dui. Morbi porttitor, neque eget porta lobortis, mauris dui semper odio, ultricies hendrerit velit sem eu enim.

 

De la « publicité déguisée » à la performativité du goût : partitions et suppléments musicaux dans la presse française à la Belle Époque

Par Jann Pasler

Entre 1870 et les années 1920, une grande variété de magazines et de journaux français ont publié des partitions musicales. Cet article analyse les choix de partitions, les stratégies commerciales qui les sous-tendaient et leur rôle dans lʼévolution du goût musical. En tant que « publicité déguisée », ces partitions attiraient souvent lʼattention vers lʼactualité musicale, tout en soulevant des questions sur la circulation de la musique et les interactions entre productivité musicale, mode et commerce. Cette étude illustre la dynamique du pouvoir dans le monde de la presse, y compris la première utilisation du copyright sur les partitions, et déconstruit certaines idées préconçues sur la culture musicale française de lʼépoque. Mettant en question la théorie de Bourdieu sur les différences de goûts entre les classes, elle documente les goûts musicaux alignés avec classe et des goûts qui transcendaient les différences sociales et économiques. Lʼomniprésence de musique composée par des femmes suggère que nombre dʼentre elles avaient des carrières importantes. Des indications sur lʼinterprétation accompagnaient souvent ces partitions, destinées aux amateurs aussi bien quʼaux professionnels, elles fonctionnaient ainsi comme un site dynamique tant pour lʼexploration de lʼidentité individuelle que pour lʼexpression de valeurs partagées.

 


 

« Des légères arabesques et des pieds malencontreux » : Debussy, Nijinsky et la chorégraphie de Jeux

Par Kristof Boucquet

L’aversion de Debussy pour la chorégraphie que Nijinsky avait réalisée de son ballet Jeux est bien connue. Celle-ci est souvent expliquée par le rejet global des concepts novateurs du chorégraphe par le compositeur, suite à leur collaboration à L’Après-midi d’un faune. Pourtant la partition de Debussy comprend des suggestions chorégraphiques subtiles dans le texte musical lui-même, indiquant comment le compositeur avait imaginé son ballet. La découverte récente des exemplaires de la parti- tion contenant des annotations autographes de Nijinsky, faites au cours de la préparation de sa chorégraphie de Jeux, permet de comparer les intentions originales du compositeur avec celles du chorégraphe. évoquant la collaboration entre les deux créateurs, les circonstances de la création de Jeux et leur épilogue, cet article jette une lumière nouvelle sur lʼune des plus fameuses querelles de l’histoire de la musique et de la danse.

 


 

Impresario, Interrupted: Comte Étienne de Beaumont and the Soirées de Paris

Par Louis Epstein

En 1924, un parvenu dans le monde de la danse a organisé durant six semaines une série de repré- sentations de ballet, théâtre et music-hall, intitulée “Soirées de Paris.” Mondain et mécène, puis imprésario, le comte Étienne de Beaumont a offert au public, entre autres nouveautés, des parti- tions d’Erik Satie, de Darius Milhaud et d’Henri Sauguet. Alors que les Soirées ont bénéficié d’un accueil chaleureux à leurs débuts, et ont même fait concurrence aux Ballets Russes et Suédois, bien implantés sur la scène parisienne, leur réception est aujourd’hui largement négative. Cet article réévalue l’importance des Soirées et surtout du rôle qu’y tint Étienne de Beaumont. Plus qu’une incarnation de la futilité et de l’ostentation insensée qui caractérisent les années folles, les Soirées de Paris témoignent d’une sérieuse tentative de créer une compagnie permanente, dont l’héritage se prolonge bien au-delà de cette unique saison du printemps 1924.

 

 

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Notes et documents

 

Nouveaux éléments biographiques sur Clément Janequin

Par Nancy Hachem

Un document inédit mentionnant les débuts de Clément Janequin antidate de plus de quinze ans les connaissances actuelles au sujet du musicien. Un arrêt retrouvé au sein de la collection Jean Le Nain aux Archives nationales, où le compositeur interjette un appel devant le Parlement de Paris, constitue la première mention de Clément Janequin dans un contexte musical. Le texte révèle avec exactitude un lieu, une profession et une date : en 1507, Clément Janequin est maître des enfants de chœur de la cathédrale de Luçon. Cette pièce juridique apporte les éclairages les plus précoces sur la carrière de Janequin, révèle certains aspects de la personnalité du compositeur, vient étayer les suppositions sur sa date de naissance (vers 1485), sur son origine familiale (à Châtellerault) et sur son début de carrière entre le Bas-Poitou et le Bordelais.

 


 

Les Quatrains de Pibrac en musique : supplément bibliographique

Par Melinda Latour

Inscrit dans la continuité des recherches de Marie-Alexis Colin sur la bibliographie musicale des Quatrains de Pibrac, le présent article en enrichit la connaissance par de nouvelles sources manus- crites et imprimées. Ces additions à la bibliographie musicale de Pibrac prouvent le maintien de la pratique du chant sur ses Quatrains longtemps après la vogue morale du dernier quart du xvie siècle.

Plusieurs de ces nouvelles sources comblent le vide entre le recueil de Jean Planson (1583) et celui de Jean de Bournonville (1622). En outre, lʼusage des mélodies des Quatrains comme timbres constitue une autre preuve de leur popularité au cours du XVIIe siècle.

 


 

J.-J.-Bonaventure Laurens.
Correspondance avec Mendelssohn et Schumann
1. Lettres inédites à Felix Mendelssohn Bartholdy (1843-1847)

Par Jean-Jacques Eigeldinger

Le Carpentrassien J.-J.-Bonaventure Laurens (1801-1890) reste une figure méconnue du paysage artis- tique français du xixe siècle, en particulier à travers ses liens avec l’Allemagne musicale. Secrétaire de la Faculté de médecine à Montpellier, il représente une manière d’humaniste romantique au carrefour des beaux-arts, des sciences de la nature et de l’archéologie mais surtout de la musique. Dilettante averti, il collectionne manuscrits et imprimés entre milieu du xvie siècle et monde contemporain – légués à la Bibliothèque Inguimbertine de sa ville natale. C’est lui qui, le premier, édite (1841) une anthologie de Pièces de clavecin de Fr. Couperin et qui fait exécuter (1886) un Magnificat de son compatriote Elzear Genet (ca 1470-1548). Sa passion pour l’œuvre de J.-S. Bach conduit Laurens, lors de voyages en Allemagne,
à rencontrer d’abord J. Chr. H. Rinck, héritier de la tradition du Cantor, puis l’année suivante (1842) – et pour l’unique fois – Mendelssohn, qui lui joue Bach à l’orgue et au piano. Une correspondance s’ensuit entre les deux hommes, interrompue par la mort de Mendelssohn. Si Laurens vénère en lui une réincarnation de J.-S. Bach, il le charge aussi d’être son mentor face à la production contemporaine en Allemagne, rôle que joue obligeamment Mendelssohn, amené ainsi à pourvoir la bibliothèque de son correspondant. Réciproquement et au regard d’une vie musicale française qu’il dénigre, Laurens invite le maître à séjourner dans le Midi, pour se faire auprès de lui l’interprète passionné de paysages et de monuments. Projet hélas resté sans suite.

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